Thérapies cognitives, comportementales et émotionnelles (TCCE)
Les thérapies cognitives, comportementales et émotionnelles (TCCE) se sont développées à partir des thérapies comportementales et des recherches sur les mécanismes d'apprentissage. Elles ont ensuite intégré les apports de la psychologie cognitive et le travail sur les émotions (Guichenez, 2017).
Qu'est-ce que les TCCE ?
En TCCE, nous nous intéressons aux liens entre ce que vous vivez, ce que vous pensez, ce que vous ressentez et la manière dont vous réagissez.
L'objectif est surtout de comprendre ce qui peut entretenir une difficulté aujourd'hui.
Par exemple, éviter une situation qui provoque de l'anxiété soulage généralement sur le moment. Mais à force d'éviter, la peur peut se renforcer. Dans la dépression, le manque d'énergie peut conduire à diminuer progressivement ses activités, ce qui laisse encore moins d'occasions de ressentir du plaisir ou de la satisfaction.
C'est ce type de mécanismes que nous allons chercher à comprendre ensemble, pour ensuite pouvoir travailler dessus.
Comment je travaille en TCCE ?
Les premiers rendez-vous permettent de faire le point sur ce qui vous amène, ce qui vous pose le plus de difficultés actuellement et ce que vous souhaitez voir changer.
Je vous pose des questions sur votre histoire, les situations dans lesquelles les difficultés apparaissent, vos émotions, vos pensées, vos réactions, mais aussi sur ce que vous avez déjà essayé de mettre en place.
J'utilise également régulièrement des questionnaires. Ils peuvent m'aider à préciser certaines difficultés et nous donner des repères pour suivre leur évolution. Ils complètent ce que nous échangeons en séance, sans remplacer l'entretien clinique.
À partir de cette première évaluation, nous définissons ensemble des objectifs et des priorités thérapeutiques. Lorsqu'il y a plusieurs difficultés, nous choisissons ce qui est prioritaire et par quoi commencer.
Ces objectifs ne sont pas fixés une fois pour toutes. Nous les réévaluons régulièrement en fonction de ce qui évolue, de ce qui reste difficile et de ce qui peut apparaître au cours du suivi.
Et concrètement, qu'est-ce qu'on fait ?
Cela dépend de ce que nous travaillons.
Je peux proposer de la psychoéducation, un travail sur certaines pensées ou certains comportements, des outils de régulation émotionnelle, de l'exposition progressive, de l'activation comportementale, de la résolution de problèmes ou d'autres stratégies adaptées à la difficulté rencontrée. Les TCC regroupent effectivement différents outils et ne se limitent pas au seul travail sur les pensées (Iakimova et al., 2017).
Je vous explique ce que je vous propose et pourquoi. Je trouve important que vous compreniez le mécanisme sur lequel nous travaillons et l'objectif de l'outil utilisé.
Ensuite, nous regardons ce que cela donne. Si une stratégie vous aide, nous pouvons continuer dans cette direction. Si elle ne fonctionne pas comme prévu, nous cherchons à comprendre pourquoi et nous l'adaptons.
Cette manière d'analyser les stratégies utilisées, leurs effets et les alternatives possibles fait partie de la démarche TCC (Vianin, 2012).
Le travail entre les séances
En TCCE, le travail ne se limite pas au temps passé au cabinet. Je propose donc assez souvent des tâches à réaliser entre les séances.
Selon ce que nous travaillons, cela peut être remplir une grille d'observation, repérer certaines pensées ou émotions, compléter un questionnaire, reprendre progressivement une activité, tester une stratégie ou réaliser une exposition préparée ensemble.
Nous reprenons ensuite ce qui s'est passé à la séance suivante.
Si une tâche a été difficile, n'a pas fonctionné ou n'a pas pu être réalisée, cela nous donne aussi une information. Nous essayons de comprendre ce qui a bloqué et nous ajustons la suite.
Les exercices entre les séances, l'autoévaluation et le suivi de l'évolution font partie des outils utilisés dans les TCC (Iakimova et al., 2017).
La place des proches
Il peut arriver que je propose, avec votre accord, qu'un proche participe ponctuellement à une séance.
Cela peut être utile pour faire de la psychoéducation, afin de l'aider à mieux comprendre un trouble, certains symptômes ou certains mécanismes que nous travaillons ensemble.
Dans d'autres situations, sa présence peut nous aider à mettre en place concrètement certains outils dans votre quotidien : préciser comment votre proche peut vous aider, ce qui est aidant ou non, ou réfléchir à certaines réactions qui peuvent parfois entretenir involontairement une difficulté.
Ce n'est pas systématique. Je le propose lorsqu'il y a un intérêt thérapeutique précis à le faire.
Pourquoi j'utilise les TCCE ?
Je me suis notamment formée aux TCCE parce que je suis attachée à une pratique qui s'appuie sur les connaissances scientifiques et les données disponibles sur l'efficacité des psychothérapies.
Les TCC font partie des approches psychothérapeutiques qui ont fait l'objet de nombreux travaux de recherche. Leur niveau de preuve varie cependant selon les troubles, les populations et les interventions étudiées (Iakimova et al., 2017 ; Boudoukha et al., 2024).
Pour autant, travailler à partir de méthodes étudiées scientifiquement ne signifie pas appliquer un protocole de la même manière à tout le monde.
Les données de la recherche me donnent des repères. Ensuite, j'adapte le travail à votre situation, à vos objectifs et à ce que nous observons ensemble au cours du suivi.
Pour quelles difficultés ?
J'utilise notamment les TCCE dans l'accompagnement :
- des troubles anxieux : anxiété généralisée, attaques de panique, phobies, anxiété sociale ;
- du trouble obsessionnel compulsif (TOC) ;
- des troubles de l'humeur, notamment la dépression ;
- des difficultés de régulation émotionnelle ;
- de certains comportements d'évitement, de procrastination ou de perfectionnisme ;
- des troubles somatiques fonctionnels, en complément du suivi médical lorsque celui-ci est nécessaire.
Les outils utilisés dépendent de votre problématique, de vos objectifs et de ce que nous avons compris ensemble de votre fonctionnement.
Références
Boudoukha, A. H., Denis, H., & Villemonteix, T. (2024). Efficacité de la thérapie cognitivo-comportementale chez l'adolescent : revue synthétique des principaux programmes probants. EMC – Psychiatrie, 40(1), 1–6.
Guichenez, P. (2017). Généralités sur les TCC. Dans Traiter l'addiction au tabac avec les thérapies comportementales et cognitives (pp. 10–17). Dunod.
Iakimova, G., Dimitrova, S., & Burté, T. (2017). Peut-on faire une TCC sans thérapeute ? Composantes actives des TCC informatisées pour la dépression. L'Encéphale, 43(4), 354–361.
Vianin, P. (2012). Des outils de thérapie cognitivo-comportementale pour la remédiation cognitive. Journal de Thérapie Comportementale et Cognitive, 22(3), 97–103.
Questions fréquentes
Non. Je ne vais pas vous demander de remplacer une pensée négative par une pensée positive ou de vous convaincre que tout va bien. Nous pouvons travailler sur certaines pensées lorsqu'elles participent à une difficulté, mais les TCCE ne se limitent pas à cela. Pour une phobie, par exemple, vous pouvez parfaitement savoir que votre peur est excessive et continuer à avoir très peur. Dans ce cas, le travail peut davantage porter sur les comportements d'évitement et sur une exposition progressive aux situations redoutées.
Oui, assez souvent. Les tâches sont choisies en fonction de ce que nous travaillons ensemble. Elles permettent surtout de tester les outils dans votre quotidien, puis de revenir sur ce qui s'est réellement passé à la séance suivante.
Il n'y a pas un nombre de séances identique pour tout le monde. La durée dépend de ce qui vous amène, de vos objectifs, des difficultés rencontrées et de leur évolution. Nous faisons régulièrement le point sur les objectifs et les priorités thérapeutiques afin de voir ce qui a évolué et ce qu'il reste pertinent de travailler.