Thérapie familiale à orientation systémique
La thérapie familiale permet de travailler sur une difficulté en prenant en compte la personne, les relations familiales et le contexte dans lequel elle évolue.
Je travaille avec une approche intégrative à orientation systémique. Je m'intéresse donc à ce que chacun vit individuellement, mais aussi à ce qui se passe entre les membres de la famille : les réactions qui se répondent, les émotions, les places de chacun, les changements traversés et certains fonctionnements qui peuvent finir par se répéter.
L'objectif n'est pas de chercher qui est responsable du problème, ni de considérer que tout vient de la famille.
Nous essayons plutôt de comprendre ce qui se passe aujourd'hui, ce qui entretient certaines difficultés et où il est possible de faire autrement.
Les thérapies familiales ont progressivement évolué vers des approches plus intégratives, prenant en compte à la fois l'individu, les relations familiales et le contexte plus large dans lequel elles s'inscrivent (Cook-Darzens, 2005).
Qu'est-ce que la thérapie familiale ?
Quand une personne de la famille rencontre une difficulté, cela peut avoir des conséquences sur les autres.
Chacun essaie alors de réagir comme il peut : rassurer, protéger, chercher des solutions, insister, éviter certains sujets, prendre de la distance…
Ces réactions sont souvent compréhensibles. Pourtant, elles peuvent parfois finir par entretenir involontairement certaines tensions.
En séance, nous pouvons reprendre des situations très concrètes :
Que s'est-il passé ? Qu'est-ce que chacun a compris de la situation ? Qu'avez-vous ressenti ? Comment chacun a-t-il réagi ? Et qu'est-ce que cette réaction a provoqué chez les autres ?
Il ne s'agit pas de désigner un responsable, mais de comprendre le fonctionnement dans lequel la famille se retrouve et les endroits où il devient possible d'essayer quelque chose de différent.
Pour quelles situations ?
Une thérapie familiale peut notamment être proposée pour :
- des conflits familiaux qui se répètent ;
- des difficultés de communication ;
- des relations parents-enfants ou parents-adolescents devenues difficiles ;
- une période de changement ou de crise familiale ;
- une séparation ou une recomposition familiale ;
- des difficultés émotionnelles importantes chez un membre de la famille ;
- les conséquences d'un trouble psychique ou d'une maladie sur la vie familiale ;
- des difficultés à trouver ou retrouver sa place au sein de la famille.
Cette liste n'est pas exhaustive. Les premiers rendez-vous permettent justement de comprendre ce qui vous amène et si ce cadre correspond à votre situation.
Comment je travaille avec les familles ?
Mon approche est intégrative : je ne propose pas exactement le même travail à toutes les familles.
Selon votre situation, ce que nous comprenons ensemble et les objectifs définis lors des premiers rendez-vous, nous pouvons travailler sur différents aspects.
Les interactions qui se répètent
Il arrive que tout le monde ait l'impression de faire de son mieux et que, malgré cela, les mêmes situations finissent par se reproduire.
Plus une personne insiste, plus l'autre se ferme. Plus elle se ferme, plus la première s'inquiète et insiste.
Ou chacun essaie de protéger l'autre en évitant certains sujets, jusqu'à ce qu'il devienne finalement très difficile d'en parler.
Nous pouvons reprendre ces situations pour comprendre comment les réactions des uns influencent celles des autres.
L'objectif est de rendre ces mécanismes plus visibles et de chercher à quel endroit chacun peut essayer quelque chose de différent.
Les émotions
Les émotions ont une place importante dans mon travail.
Dans une même famille, chacun peut avoir une manière très différente de gérer ce qu'il ressent : parler immédiatement, se taire, s'éloigner, chercher une solution, vouloir rassurer, se mettre en colère…
Une façon de faire peut être utile pour une personne et pourtant être difficile à vivre pour une autre.
Nous pouvons donc regarder ensemble ce que chacun ressent, comment il essaie de le gérer et ce que cela provoque dans les relations familiales.
La régulation émotionnelle comporte en effet une dimension individuelle mais aussi familiale : les stratégies utilisées par chacun peuvent se rencontrer et participer aux interactions qui se mettent en place dans la famille (Duriez, 2011).
Les changements que traverse la famille
Une famille évolue.
L'arrivée d'un enfant, l'adolescence, le départ du domicile, une séparation, une recomposition familiale, une maladie, un deuil ou d'autres changements importants peuvent venir modifier un équilibre qui fonctionnait jusque-là.
Je peux donc aussi vous demander : « Qu'est-ce qui était en train de changer dans votre famille lorsque les difficultés ont commencé ? »
Il ne s'agit pas forcément de retrouver la manière dont vous fonctionniez avant.
Parfois, le travail consiste plutôt à trouver un nouvel équilibre qui corresponde davantage à la période que votre famille traverse aujourd'hui.
L'histoire familiale, lorsque cela nous aide
Selon la situation, nous pouvons aussi regarder certains éléments de votre histoire familiale : les places prises par chacun, la manière dont les conflits ou les émotions étaient gérés, certains événements importants ou certaines façons de fonctionner qui semblent se répéter.
Je ne cherche pas systématiquement une explication dans votre enfance ou dans les générations précédentes.
Nous explorons cette histoire uniquement lorsqu'elle nous aide à mieux comprendre ce qui se passe aujourd'hui.
Des outils différents selon les besoins
Selon ce que nous travaillons, je peux utiliser différents outils : questionnaires, représentation d'un cycle relationnel, génogramme, ligne de vie familiale, jeux de rôle, psychoéducation ou autres supports systémiques.
Je peux également proposer des observations ou certaines choses à essayer entre deux rendez-vous. Nous regardons ensuite ensemble ce que cela a réellement changé — ou pas.
Le travail peut notamment porter sur l'identification des émotions, leur lien avec certains comportements et la compréhension des interactions qui se répètent dans la famille (Duriez, 2011).
Je ne propose pas les mêmes outils à toutes les familles.
Les outils sont au service de ce que nous cherchons à travailler, pas l'inverse.
Comment se déroule le suivi ?
Les premiers rendez-vous servent d'abord à comprendre ce qui vous amène et comment chacun vit la situation.
Il est tout à fait possible que les membres d'une même famille aient des perceptions très différentes du problème. Nous prenons le temps de les entendre.
Nous définissons ensuite ensemble les objectifs et les priorités thérapeutiques :
Qu'est-ce qui pose le plus de difficultés aujourd'hui ? Qu'est-ce que chacun aimerait voir évoluer ? Qu'est-ce qui est prioritaire ? Qu'est-ce qui fonctionne déjà et que vous souhaitez préserver ?
Ces objectifs ne sont pas figés.
Nous faisons régulièrement le point sur ce qui a évolué, ce qui reste difficile et ce qu'il est encore pertinent de travailler.
Qui participe aux séances ?
Une thérapie familiale ne signifie pas nécessairement que toute la famille doit être présente à tous les rendez-vous.
Selon la situation et les objectifs, je peux recevoir toute la famille ou seulement certains de ses membres.
Le cadre peut également évoluer au cours du suivi.
L'important est que nous sachions pourquoi nous choisissons tel ou tel format et ce que nous cherchons à travailler.
Quand la difficulté de l'un prend beaucoup de place dans la famille
Lorsqu'un membre de la famille traverse une période particulièrement difficile, il est assez naturel que les proches essaient de s'adapter.
Mais progressivement, la difficulté peut prendre tellement de place que les échanges familiaux finissent presque tous par tourner autour d'elle.
La personne concernée peut avoir le sentiment d'être réduite à son problème. De leur côté, les proches peuvent se sentir inquiets, impuissants, épuisés ou ne plus savoir comment réagir.
Le travail familial peut alors permettre de remettre en circulation d'autres choses : ce que chacun ressent, ce dont chacun a besoin, ce qui fonctionne encore et les ressources présentes dans la famille.
La famille n'est pas considérée comme la cause de la difficulté. C'est justement l'une des limites d'une application trop rigide de la pensée systémique soulignée par Cook-Darzens (2005).
La famille peut aussi devenir une ressource dans le travail thérapeutique.
Questions fréquentes
Dès l'âge où l'enfant peut s'exprimer, souvent à partir de 6-7 ans, avec un format adapté. Pour les plus jeunes, nous travaillons surtout avec les parents.
La thérapie familiale peut commencer même si tout le monde n'est pas présent. Un changement chez les participants peut influencer les autres.